logo baba yaga.jpg

Collectif Baba Yaga

Le Collectif Baba Yaga est né de la rencontre de cinq identités artistiques fortes et complémentaires.

Baba Yaga, c’est la figure féminine par excellence : elle est surnaturelle, c’est une sorcière blanche, bienveillante, mais cruelle lorsqu’il le faut.

Sa légende a été transmise en Russie depuis plusieurs générations, où elle est tour à tour ogresse cruelle, sorcière diabolique, conseillère avisée ou vieille rombière. Une image encore marquée par la peur fondamentale de la puissance féminine dans nos sociétés actuelles. 

Son image est à l’instar de notre collectif : changeant, polymorphe, protéiforme ; avec l’objectif clair de déconstruire les figures monstrueuses pour révéler ce qui se cache derrière les valeurs dites « fondamentales » de nos sociétés. 

Nous choisissons sa figure comme protectrice de nos créations, sorcière affranchie de toutes les dominations, en route vers la vérité. 

  • Facebook
  • Instagram

MÉDUSE

Une création du Collectif Baba Yaga | Création musicale : Marion Gallet | Graphisme et recherche plastique : Anna Ferrier et Marion Gallet | Comédien•ne•s : Sarah Battistella, Bastien Girard-Lucchini, Marion Gallet et Iman Kerroua

"Très célèbre pour sa beauté, Méduse éveilla l’espoir jaloux de nombreux prétendants et, de toute sa personne, rien n’était plus remarquable que sa chevelure ; j’ai connu quelqu’un qui assurait l’avoir vue. Le souverain des mers l’aurait outragée, dit-on, dans le temple de Minerve ; la fille de Jupiter se détourna, dissimula derrière son égide son chaste visage et, pour ne pas laisser cet acte impuni, transforma les cheveux de la Gorgone en serpents affreux. Aujourd’hui encore, pour effrayer ses ennemis épouvantés la déesse arbore sur sa poitrine les serpents qu’elle a fait naître." MÉTAMORPHOSES, Ovide.

Et c’est ainsi qu’Ovide scelle le mythe de Méduse. Un simple paragraphe qui n’accorde aucune voix, aucune perspective, aucune alternative à la protagoniste de ce récit. L’histoire de Méduse est racontée par des hommes qui font l’éloge de sa beauté et omettent de nous renseigner sur son identité : son ascendance, sa fonction sociale, sa singularité. Ovide nous rapporte ensuite que Poséidon abuse de Méduse dans le temple d’Athéna, sans aucun détail sur l’événement. Il nous raconte comment l’autre femme du récit, la « chaste » Athéna, punit Méduse – et non Poséidon – pour cet outrage. Méduse est donc la seule condamnée, spoliée de sa

beauté car elle est cause de cet affront, transformée en monstre hideux voué à semer la destruction et la terreur jusque dans la mort.

Il y a très peu de sources mentionnant Méduse avant sa transformation en monstre et aucune ne relate le mythe à travers son point de vue. Cette injustice de l’histoire nous offre un champ de possibilités substantielles pour la création d’un récit fictionnel – tel un contre-récit – afin de combler les lacunes, et de proposer une perspective moderne et féministe. Notre fiction donne une autre vision des événements en faisant entendre une voix dissonante. La représentation théâtrale offre l’opportunité aux spectateurs de faire l’expérience physique de l’histoire de Méduse, celle-ci étant incarnée en chair et en os.

Il en sort un texte percutant, qui contrebalance les tableaux de corps et de mouvement. 

PARTENAIRES